Introduction

Fascinée par la faune et la flore sauvage, je réalise des sculptures naturalistes à partir de papier modelé. 


De la plus petite fleur des champs jusqu'aux grands mammifères, en passant par les champignons, les insectes, poissons, oiseaux, batraciens et reptiles, j'ai plaisir à sculpter tout ce que j'observe, et à essayer de saisir (à défaut de le comprendre!) La beauté du mystère de la présence des êtres vivants qui nous entourent.


Ces êtres que nous croisons souvent trop rapidement d'un pas pressé, comment sont ils vivants, présents au monde, et dans la lumière? Comment vivent ils leur vie? Quels sont leurs désirs? Quel est notre destin commun?

Toutes ces questions se posent au quotidien dans mon travail de sculptrice, et à travers les scénarios que j'écris pour mes films d'animation, naturalistes eux aussi.


Cette fascination pour la vie sauvage, et le plaisir que j'ai à la représenter remonte à ma petite enfance, et je ne saurai pas l'expliquer.


Le papier modelé est le matériau idéal pour mes sculptures. Il me permet de commencer le travail au coeur même de la forme et de modeler petit à petit squelette et muscles en remontant jusqu'à la surface des corps. 
J'aime aussi la rencontre du papier imprimé des livres, véhicule des pensées, des émotions humaines, témoignage de l'acharnement de notre espèce à vouloir comprendre ce monde qui nous entoure, et à nommer la moindre chose; avec les formes animales et végétales de ces étranges étrangers qui sont nos voisins, et dont la vérité nous est inaccessible.

Je choisis toujours soigneusement le papier de mes réalisations, pour la qualité du matériau lui-même, et aussi autant pour le contenu des textes  qui s'affichent sur les sculptures.

Le papier imprimé que j'utilise provient quasi exclusivement des ouvrages de la collection: "La Pleiade" aux éditions Gallimard.

Chaque sculpture est l'aboutissement d'une lente élaboration en couches successives, qui tient compte de la contrainte de nombreux temps de séchage... 

La fabrication s'étale généralement sur plusieurs semaines, mais parfois plusieurs mois, et même plusieurs années; car chaque sculpture est une oeuvre unique, une aventure, qui a son temps propre de maturation et de reflexion.


Etudes:
Adolescente, j'ai appris à peindre avec des professeurs extraordinaires, qui ont développé chez moi la passion du métier de peintre: Thora et Jean-Marie Creuzeau, au conservatoire d'Art Plastiques de Fresnes. 

Plus tard, j'ai naturellement poursuivi mes études à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris, où j'ai suivi avec grand interêt les cours de Morphologie de Jean-François Debord et Philippe Comar.
Au début de mes études, je faisais des portraits à la peinture sur des toiles; puis un été, j'ai fait un séjour en Camargue, dans la réserve de la SNPN, au milieu des marais, dans une grande soupe de vie, sauvage et magnifique...

Au retour, j'ai eu envie de suspendre ce travail de portraits et j'ai commencé à peindre des animaux. 
Je me suis rapidement  tournée vers la sculpture et vers le cinéma d'animation qui me paraissaient de bons moyens pour représenter l'animal.


J'ai étudié l'animation à l'Ecole des Gobelins, où j'ai fait mes premiers essais de fabrication de marionnettes d'animation en papier modelé articulé. Je m'y suis fait de grands amis, parmi lesquels Eric Serre, avec lequel je travaille régulièrement depuis ce temps.


Animation et sculptures...

J'ai obtenu en même temps mes diplômes de l'Ecole des Gobelins, et de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris, dans l'atelier de Lesly Hamilton, avec des oiseaux en papier, et des animations d'oiseaux.

J'ai exposé par la suite au Muséum d'histoire Naturelle de Tours, puis de Bourges; au Musée du papier de Pont à Mousson....
Et régulièrement aussi au festival de Ménigoute, où j'ai plaisir à retrouver mes amis artistes animaliers,  avec la chaleur et la gentillesse de tous les gens du festival.

J'ai rencontré Michel Ocelot en sortant tout juste de l'école. Il commençait tout juste à développer son projet de film long métrage: Kirikou et la Sorcière. Le projet m'a beaucoup plu, et Michel m'a demandé de créer des décors. J'ai donc supervisé le travail de décor et dessiné les forêts et les oiseaux du film...Tandis qu'Eric s'occupait d'inventer une méthode de layout "sur mesure" pour le projet...

Plus tard nous avons continué de travailler avec Michel sur le long métrage: Azur et Asmar; Eric Serre en tant qu'assistant réalisateur et moi comme chef décoratrice, avec le plaisir de créer et superviser tout le travail de décor et de couleurs du film et de créer les dessins des chevaux et de l'oiseau Saïmar.

Sur ces projets au long cours, qui ont duré 3 ans, et 5 ans, nous avons eu le temps de nous apercevoir Eric et moi que nos regards sur la fabrication des films étaient complémentaires. Et quand j'ai souhaité fabriquer mes propres films, je n'ai pas imaginé le faire sans lui, avec son audace sereine, et son ingéniosité...

Notre premier film produit par Alexis Lavillat et Philippe Traversat au studio Normaal Animation a été présenté au public la première fois à l'occasion du 10ème festival du journal: La Salamandre, en Suisse; et pour la première fois en France, au festival de Ménigoute.